Difficile apprendre allemand

L’allemand est-il une langue si difficile à apprendre ?

 

Quelle ne fut pas la tête de vos amis quand vous leur avez annoncé que vous souhaitiez apprendre l’allemand ?

"Toi ? Apprendre l’allemand ? Tu avais quelle moyenne déjà au lycée ?"

L’allemand a la réputation d’être une langue difficile à apprendre, mais cet à priori est-il justifié ?

Les spécificités de l’allemand qui peuvent en faire une langue difficile

 

Les genres

 

Voilà une caractéristique à laquelle les personnes de langue maternelle française ne sont pas habituées. L’allemand possède trois genres grammaticaux : le masculin, le féminin et le neutre. Chaque nom a un genre. On dit : das Messer (le couteau), die Gabel (la fourchette) et der Löffel (la cuillère).

L’ennui, c’est qu’il n’y a parfois pas de correspondance entre le genre grammatical et le genre auquel on serait tenté de penser. Ainsi, la fille est de genre neutre (das Mädchen) alors que le pic est de genre féminin (die Spitzhacke). Quand vous apprenez un mot en allemand, il faut donc l’apprendre avec son genre. Par contre les terminaisons des substantifs nous fournissent souvent des indices quant au genre des mots : par exemple, les mots qui se terminent en –ich ou -ling sont généralement masculins.

 

Les cas et les déclinaisons

 

L’allemand possède quatre cas grammaticaux : le nominatif, l’accusatif, le datif et le génitif. Le rôle d’un mot dans une phrase détermine son cas, qui à son tour détermine l’article qu’il faut utiliser. Ainsi, das Mädchen devient dem Mädchen (datif), si, par exemple, on donne quelque chose à cette demoiselle, parce que c’est elle qui, dans la phrase, reçoit l’objet, lequel objet sera, lui, à l’accusatif. Pour « une jolie fille », on dira: ein hubsches Mädchen.

Mais celui qui a étudié le russe (six cas), le latin (sept), ou une langue slave – n’importe laquelle – les utilisera sans difficulté aucune. Il fut un temps où l’anglais faisait un grand usage des cas, mais cela s’est perdu au Moyen-âge lorsque beaucoup de mots et d’expressions françaises furent incorporés à la langue.

 

L’ordre des mots

 

L’allemand aime nous tenir en haleine. Le deuxième verbe d’une proposition est toujours placé à la fin de la phrase. De plus, certaines conjonctions (le plus souvent weil – « parce que » -) rejettent, elles aussi, le verbe en bout de phrase. De sorte qu’une phrase comme « je veux aller aux toilettes parce que je ne vais pas tarder à exploser » deviendra : « je veux aux toilettes aller parce que je ne pas tarder à exploser vais » ! Les verbes ont aussi une tendance à s’accumuler en fin de phrase lorsque l’on parle au passé. Mais une fois que vous serez habitué au rythme de l’allemand, l’ordre des mots vous viendra tout naturellement.

 

 

Pourquoi l'allemand n'est pas si difficile

 

Une prononciation simple et phonétique

 

La prononciation de l’allemand est extrêmement simple, car phonétique. Il suffit de lire un mot pour savoir comment il se prononce, ou de l’écouter pour savoir comment il s’écrit. Ceci rend l’orthographe et la prononciation très faciles à maîtriser. De plus, les allemands prononcent clairement toutes les syllabes. Il est donc aisé de suivre une émission à la télévision allemande, de comprendre les paroles de chansons ou les conversations du quotidien.

 

Une grammaire logique

 

La grammaire n’est pas des plus faciles, mais une fois assimilée, elle est d’une grande logique et ne présente que très peu d’exceptions.

De plus, une fois que vous aurez compris le sens des préfixes verbaux, vous pourrez facilement deviner le sens d’un verbe. Une fois que les genres et les cas n’auront plus aucun secret pour vous, vous apprécierez le bon sens de la langue allemande.

 

 

Fabriquez vos propres mots

 

Une fois que vous aurez assimilé un peu de vocabulaire et les bases de la grammaire allemande, vous pourrez vous amuser à construire vos propres mots ! D’ailleurs ce n’est pas pour rien si l’allemand est connu pour ses mots à rallonge. Le mot allemand le plus long enregistré dans le Guinness des Records comporte 79 lettres. Il serait traduit en français en 20 mots comme “Association pour les fonctionnaires subalternes de la direction du siège social des services électriques de bateaux à vapeur du Danube“. Accrochez-vous, en allemand cela donne : Donau­dampfschiffahrts­elektrizitäten­hauptbetriebswerk­bauunterbeamten­gesellschaft.

 

Une certaine proximité avec l’anglais

 

L’allemand présente également l’avantage d’être une langue germanique. Si vous parlez déjà l’anglais, vous remarquerez qu’une grande partie du lexique est similaire. Par exemple, « jardin » se dit garden en anglais et Garten en allemand, fire / Feuer (feu), drink / trinken (boire), etc.

On estime que 97 des 100 mots les plus employés en anglais ont des racines germaniques !

Si, au contraire, vous apprenez l’allemand avant l’anglais, vous serez tout de même avantagé. Vous prendrez de bonnes habitudes de prononciation, comme l’accent tonique ou le h aspiré. Vous apprendrez à former les verbes irréguliers et les verbes à particules, très présents en anglais, avec pour cadre une grammaire beaucoup plus logique. De manière générale, les Allemands sont bons en anglais et ce n’est pas sans raison.

 

 

L’allemand traîne une réputation de langue difficile, à la grammaire compliquée. Il est vrai qu’avec ses trois genres (masculin, féminin et neutre), ses quatre déclinaisons et ses verbes rejetés en fin de phrase, il y a de quoi avoir peur.

Malgré tout, une fois que vous serez habitué à ces spécificités vous remarquerez que l'allemand est une langue abordable. Sa logique, sa proximité avec l'anglais et sa simplicité d'écriture en font une langue moins compliquée que ce que sa réputation laisse à penser. Lancez-vous !